Pourquoi la vermifugation a changé
Le cheval héberge surtout des strongles ; les jeunes sont aussi sensibles aux ascaris, et un cheval au pré peut porter des ténias, des oxyures ou des larves de gastérophiles, ces mouches dont les œufs se voient collés aux poils. Selon le manuel vétérinaire MSD, certains de ces vers peuvent provoquer des coliques.
Pendant des années, on a vermifugé tous les chevaux à intervalles fixes. Or plus on vermifuge, plus les vers résistants se multiplient : dans une étude française menée par l’Anses et l’IFCE en 2022 et 2023, les strongles résistaient à l’une des familles de vermifuges dans 83 % des groupes de chevaux testés. Certains vermifuges nuisent aussi aux insectes des prairies qui recyclent les crottins.
Tous les chevaux ne sont pas égaux face aux vers : selon l’IFCE, 15 à 30 % des chevaux de plus de 3 ans rejettent 80 % des œufs de strongles. Traiter surtout ceux-là protège le pré sans user les traitements.
La coproscopie, en pratique
- Pendant la saison de pâturageEn hiver, les chevaux rejettent moins d’œufs et l’analyse renseigne peu.
- Loin du dernier vermifugeSelon le produit, il faut attendre de 9 à 16 semaines après le dernier traitement pour que le résultat soit interprétable.
- Un seul prélèvementDes crottins frais, ramassés une fois : selon l’IFCE, inutile de collecter plusieurs jours de suite.
- Au moins 3 analysesIl en faut plusieurs pour établir le statut d’un adulte ; ce statut reste ensuite stable chez la plupart des chevaux.
La coproscopie ne voit pas tout : les ténias rejettent leurs œufs de façon irrégulière, et les oxyures se recherchent autrement. Le vétérinaire en tient compte.
Le rythme du cheval adulte selon son statut
Les repères de l’IFCE, en œufs de strongles par gramme de crottin :
- Faible excréteur (moins de 200) ou modéré (200 à 500)
- 70 à 80 % des chevaux : 1 à 2 vermifuges par an, selon le risque de contamination, plus faible au box qu’au paddock, et qu’au pré.
- Fort excréteur (plus de 500)
- 20 à 30 % des chevaux : 3 à 4 vermifuges par an, de façon systématique.
- Statut instable
- Environ 6 % des chevaux, dont les résultats varient : un traitement décidé après chaque coproscopie.
Poulains et jeunes chevaux
Avant 3 ans, le cheval est plus sensible aux vers et le tri par coproscopie n’est pas recommandé. Les grandes étapes proposées par l’AAEP, que le vétérinaire adapte :
- Vers 2 à 3 moisPremier traitement contre les ascaris.
- Vers 5 moisSecond traitement contre les ascaris, et une première coproscopie vers 5 à 6 mois pour suivre leur évolution.
- Vers 6 à 9 moisPremier traitement contre les strongles, s’il vit au pré.
- À 1 anDes traitements au printemps, au milieu de la saison de pâturage et à l’automne.
- À 2 et 3 ans3 à 4 traitements par an.
Bien vermifuger, et vérifier que ça marche
Le test de réduction compare deux coproscopies : une avant le vermifuge, une autre 14 jours après. L’AAEP recommande de le faire chaque année dans l’écurie : en général, un vermifuge efficace doit faire baisser le nombre d’œufs de plus de 95 %.
- Pas de vermifuge à intervalles fixes toute l’année pour tous les chevaux, ni de rotation des familles de vermifuges sans analyse.
- Estimez le poids du cheval avant chaque traitement, au ruban ou à la balance : un sous-dosage est inefficace.
- Respectez la dose indiquée et vérifiez que toute la pâte a été avalée : elle se donne à la seringue, au coin des lèvres.
- Les médicaments soumis à prescription ne s’achètent qu’avec une ordonnance ; le vétérinaire peut établir un plan de vermifugation dans le cadre d’un bilan sanitaire d’élevage.
- Notez la date, le produit et le poids : la date suivante en découle, et le traitement va au registre d’élevage.
Le pré, première ligne de défense
- Ramassez les crottins régulièrement : selon l’AAEP, des crottins retirés rapidement du pré suffiraient à empêcher l’infestation.
- N’épandez jamais de fumier de cheval non composté sur des prés pâturés par des chevaux.
- Un compostage qui chauffe à plus de 40 °C pendant au moins une semaine détruit presque toutes les larves de strongles.
- Faire pâturer des ruminants peut aider : les larves de strongles du cheval ne les infestent pas.
Quand demander conseil
Un rythme sur mesure, sans rien oublier
Une fois le rythme fixé avec votre vétérinaire, MyArk le transforme en rappel récurrent, partagé par tout le foyer. Le premier qui donne le vermifuge à votre cheval le coche, et la date suivante se calcule seule.
- Rappel au rythme choisi : une, deux, trois ou quatre fois par an
- Un rappel pour les coproscopies de la saison
- Chaque vermifuge et chaque résultat gardés dans le carnet de santé du cheval
- La dernière estimation de poids notée au même endroit, pour la bonne dose
Questions fréquentes
À quelle fréquence vermifuger un cheval adulte ?
Selon son statut : 1 à 2 fois par an pour un faible ou modéré excréteur, 3 à 4 fois par an pour un fort excréteur, d’après l’IFCE. Seules des coproscopies répétées permettent de savoir dans quelle catégorie est votre cheval.
Qu’est-ce qu’une coproscopie ?
C’est une analyse de crottins frais au laboratoire, qui compte les œufs de vers par gramme. Elle permet de ne traiter souvent que les chevaux qui en ont besoin, et de vérifier l’efficacité des vermifuges.
Faut-il encore vermifuger tous les deux mois ?
Non. L’AAEP déconseille les traitements à intervalles fixes toute l’année et les rotations de vermifuges sans analyse : ces pratiques ont favorisé les résistances.
Peut-on arrêter de vermifuger un cheval faible excréteur ?
Non : l’IFCE conseille de garder au moins un vermifuge par an, pour éviter le retour des grands strongles.
Comment vermifuger un poulain ?
Selon un programme régulier : d’après l’AAEP, deux traitements contre les ascaris vers 2-3 mois puis vers 5 mois, un premier traitement contre les strongles vers 6-9 mois s’il est au pré, puis plusieurs traitements par an jusqu’à 3 ans. Le vétérinaire choisit les produits.
Quand faire une coproscopie ?
Pendant la saison de pâturage, et assez loin du dernier vermifuge : de 9 à 16 semaines selon le produit, d’après l’IFCE. Un seul prélèvement de crottins frais suffit.
Sources
Repères vérifiés le 21 octobre 2026 dans les documents ci-dessous, puis reformulés. Ils ne remplacent pas l’examen et les conseils de votre vétérinaire, qui adapte la prévention à votre animal et à votre région.
- IFCE (Équipédia), La vermifugation nécessaire mais pas automatique — affiche
- IFCE et Anses, Vermifugation raisonnée : comment optimiser le recours aux coproscopies ? (M. Delerue, octobre 2023)
- AAEP, Internal Parasite Control Guidelines (mise à jour de mai 2024)
- MSD Veterinary Manual, Colic in Horses (2026)
- Gouvernement de l’Ontario, ministère de l’Agriculture, Estimation du poids vif des chevaux (2026)
- IFCE (SIRE), Les démarches sanitaires du détenteur d’équidés — guide (version diffusée par l’AQPS, 2023)
